Une nouvelle convention pour rapprocher hôpitaux et scientifiques

Institutionnel

Fin 2025, le Comité national de coordination de la recherche et le CNRS ont noué un premier accord-cadre. Inscrite au programme de la feuille de route santé de l’organisme de recherche, cette convention vise à rapprocher les personnels hospitaliers et les scientifiques. Et, ce faisant, mieux répondre aux besoins des patients.

Pourquoi le CNRS a-t-il choisi de s’associer au CNCR ? 

Anne-Marie Gué1  : Grâce à son rôle de pilotage de la recherche hospitalière dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), le Comité national de coordination de la recherche (CNCR) assure l’interface avec l’ensemble des CHU. Ce faisant, sa position stratégique nous permet d’accroître et d’amplifier les recherches entre les laboratoires sous cotutelle du CNRS et les cliniciens.

En effet, nos scientifiques nous signalent de plus en plus leur désir de travailler directement auprès des médecins. Outre le partage des données et des échantillons médicaux de patients, voire l’accès aux équipements et plateformes scientifiques des hôpitaux pour certains laboratoires, nos scientifiques espèrent, en travaillant avec les cliniciens, mieux identifier les besoins des patients et des médecins, et par conséquent mieux positionner leurs recherches dans le domaine médical en fonction de ces besoins.

Et quel avantage ce lien renforcé avec le CNRS a-t-il pour le CNCR ?

A-M. G. : En retour, il est primordial que les cliniciens puissent accéder le plus en amont possible à la recherche fondamentale en santé. C’est pour eux l’occasion d’identifier des sujets de recherche émergents, voire de susciter de nouvelles recherches sur des thématiques plus lointaines, plus risquées. En d’autres termes, il s’agit d’acculturer les scientifiques aux cliniciens et réciproquement. Et avec ses 380 unités de recherche, 6 000 agents et ses dix instituts concernés par le sujet, le CNRS, acteur majeur de la santé, offre aux médecins un spectre exhaustif de la recherche dans le domaine – comme le montrera d’ailleurs un colloque à Paris les 9 et 10 septembre prochains.

Dans quelle mesure cette nouvelle convention s’inscrit-elle dans la feuille de route santé du CNRS ?

A-M. G. : L’un des deux défis de cette feuille de route, publiée en 2024, vise le développement de nouvelles approches susceptibles de transformer le parcours de soins. Pour le relever, nous souhaitons travailler en complémentarité avec l’ensemble de l’écosystème de la santé. Dans ces conditions, interagir avec les hôpitaux via le CNCR est d’une importance cruciale.

La signature de cet accord-cadre à vocation générale est ainsi un préalable à la mise en place de programmes coopératifs et d’échanges entre hôpitaux et laboratoires, en complément des collaborations individuelles déjà existantes entre médecins et scientifiques, notamment au sein des laboratoires d’imagerie médicale. Notre objectif est de favoriser autant que possible les interactions avec nos partenaires hospitaliers dans le domaine de la santé. 

  • 1Coordinatrice de la feuille de route santé du CNRS.