Décryptage : Élections municipales 2026, ce qui change

En France, le mode de scrutin municipal a beaucoup varié depuis les premières élections sous la IIIe République. Les municipales de 2026 ne dérogeront pas à la tradition avec cette année l’introduction d’un nouveau scrutin. Quels changements sont attendus et quelles seront leurs conséquences ? Jean François Laslier, économiste et directeur de recherche au CNRS, explique les subtilités.

Tout connaître sur les élections municipales et leur mode de scrutin

Tout connaître sur les élections municipales et leur mode de scrutin, avec Jean-François Laslier (CNRS), chercheur en économie au sein du laboratoire Paris Jourdan Sciences Economiques (PJSE).

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Comment le mode de scrutin a-t-il évolué en France ?

Les premières élections municipales sous la IIIe République étaient dites à “système majoritaire avec panachage”. La liste qui gagnait l’élection remportait tout le conseil avec  possibilité de panachage : les électeurs pouvaient rayer certains noms d’une liste et les remplacer par d’autres.
Ce système a perduré jusqu’à la Ve République qui instaure alors un scrutin majoritaire avec panachage limité : seules les communes de moins de 30 000 habitants peuvent désormais utiliser le panachage. Au fil des réformes, le seuil de panachage diminue jusqu’à être complètement supprimé.

Qu’est ce qui change pour le mode de scrutin en 2026 ?

L’aspect majoritaire  du scrutin a été légèrement diminué. Il est désormais question de scrutin proportionnel avec prime majoritaire. Comparé au scrutin strictement majoritaire,  ce scrutin laisse la place à une opposition mais cette place est par définition minoritaire. Il s’agit en fait d’abord de s’assurer une majorité et ensuite, de répartir le reste des sièges entre les diverses listes pour composer une opposition qui sera de toute façon minoritaire.

Il faudrait donc plutôt qualifier ce scrutin de système majoritaire avec bonus proportionnel.

Quel est l'intérêt de ce mode de scrutin ?

Prendre une décision à plusieurs est plus aisé lorsque les personnes concernées sont alignées sur leurs idées. C’est pourquoi le gouvernement doit être en majorité d’un seul bord politique d’un point de vue national. Similairement à l'échelle communale, le système majoritaire garantit que les discussions ne s’enlisent pas et que les décisions soient prises de manière cohérente.

Le système proportionnel quant à lui permet de garantir une plus grande diversité de représentations au sein du conseil.

Y a-t-il des changements concernant les élus ?

Pour la première fois, les élections municipales permettront aux Français d’élire les conseillers des intercommunalités aux côtés des habituels conseillers des communes.
Les conseillers des communes dans un premier temps, ont pour rôle d’élire le maire et les adjoints au maire. Les conseillers des intercommunalités se chargent d’élire le président des intercommunalités et ses adjoints.
Ils jouent aussi un rôle indirect important dans le système politique français : ce sont eux, en grande majorité, qui sont les grands électeurs du Sénat, puisque la quasi-totalité des grands électeurs sont des conseillers municipaux.

En votant pour les élus municipaux, indirectement on vote aussi pour les sénateurs.

La taille de la commune joue-t-elle sur le rôle des élus ?

Le travail des conseillers municipaux est très différent selon la taille de la commune. Dans les petites communes, le travail municipal ressemble davantage à de la gestion : il s’agit d’un travail exécutif, avec beaucoup de décisions concrètes à prendre. Dans les grandes villes, les conseils municipaux sont beaucoup plus nombreux, et ils ne peuvent pas gérer directement toutes les affaires : leur rôle se rapproche davantage de celui d’un parlement.

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