Le CNRS, un appui scientifique pour éclairer la décision
À travers la visite de laboratoires, la mise en lien avec des spécialistes ou encore la diffusion de productions scientifiques de référence, le Pôle Affaires publiques du CNRS facilite l’accès à la science afin d’en faire un outil d’aide à la compréhension et à la décision.
À retenir pour agir :
- Des experts et expertes et des rapports scientifiques mobilisables pour éclairer des enjeux d’actualité,
- Des faits vérifiés et contextualisés, utiles à l’action,
- Des signaux faibles à intégrer dans l’anticipation,
- Un point d’entrée, le Pôle Affaires publiques du CNRS : cnrs-affaires.publiques@cnrs.fr
Devant un drone marin bourré de capteurs et des sondes flottantes semblables à de petits missiles, les questions fusent : qu’apporte l’intelligence artificielle dans la connaissance des océans ? A-t-on progressé dans la prévision des cyclones et ouragans ? Une vingtaine d’acteurs publics du Sénat, des ministères ou encore d’institutions locales et de grandes entreprises prennent le temps d’échanger avec les scientifiques du laboratoire Littoral Environnement et Sociétés (LIENSs)1 , dans la ville littorale de La Rochelle.
- 1CNRS / Université de La Rochelle
Cette journée de novembre fait partie du cycle de rencontres Un temps d’avance, lancé par le CNRS afin de donner le réflexe aux acteurs publics et privés de s’appuyer sur le monde scientifique. "Notre rôle n’est pas de décider, mais de faire connaître les résultats scientifiques utiles pour les décisions politiques", précisait d’emblée Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, en introduction du cycle. Face à des enjeux complexes, de la santé à l’écologie en passant par l’industrie, la science apporte aux décisionnaires une référence fiable, basée sur des faits vérifiés et une méthode rigoureuse. "Jamais nous n’avons eu autant besoin de sciences" martèle le PDG du CNRS.
Un temps d'avance
Le CNRS a mis en œuvre "Un temps d’avance", un programme inédit à destination des décideurs et décideuses des secteurs publics et privés.
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"Nous sommes des facilitateurs"
Pour rendre plus accessibles les résultats scientifiques, le CNRS multiplie les formats de médiation : visites de laboratoires, identification d’experts et mise en lien, rapports spécialisés… En lien étroit avec l'ensemble des acteurs de l'organisme, le pôle Affaires publiques joue le rôle de facilitateur : "nous mettons en lien les acteurs publics et les scientifiques en fonction de leurs besoins", explique Sara Bouleis, chargée des Affaires publiques du CNRS et coordinatrice du programme Un temps d’avance. Ce cycle de plusieurs journées thématiques, dont la seconde édition est prévue pour octobre 2026, permet de "donner aux participants les clés pour comprendre des sujets aussi variés que le quantique, le climat ou la cybersécurité, de repérer les signaux faibles et prendre conscience de la pluralité des disciplines scientifiques impliquées", poursuit Sara Bouleis.
La journée à La Rochelle a aussi montré acteurs locaux et scientifiques peuvent co-construire la science, avec l’exemple d’un système d’alerte à la submersion marine, ces inondations côtières provoquées par des évènements climatiques, ou encore d'une étude en sciences sociales à propos des résidences secondaires. "Je sais à présent que pour développer des projets d’urbanisation sur le littoral atlantique, je peux me renseigner ici, à La Rochelle, car il y a une bonne organisation entre les scientifiques et les décisionnaires. C'est de la vraie recherche fondamentale et elle peut être appliquée rapidement", témoigne Ambre d’Harcourt, administratrice à la commission des affaires économiques du Sénat.
Des formats plus rapides et spécialisées
En dehors du cycle Un temps d’avance, le Pôle affaires publiques répond quotidiennement aux besoins exprimés par les acteurs de la décision publique. Il organise des visites de laboratoires et, face à leur temps souvent limité, leur propose des formats de médiation plus rapides et spécialisées : la mise en lien avec un expert identifié ou encore la diffusion de productions scientifiques de référence. Par exemple, les Expertises scientifiques collectives (ESCo), ces états de l’art sur des thématiques majeures telles que l’usage responsable des terres rares ou la réduction du plastique dans l’alimentation, ainsi que les études d’impact, comme celle publiée en décembre 2025 à propos des recherches menées par le CNRS sur les batteries.
"Lors des évènements de restitution de ces rapports, nous essayons toujours de faire venir des acteurs publics et des acteurs privés, qu’ils soient experts ou seulement intéressés par le sujet", précise Thomas Borel, responsable des affaires publiques et des relations parlementaires au CNRS. Tous sont bienvenus : les élus, leurs équipes, les personnels des administrations, "qui chacun à leur mesure sont un rouage essentiel du processus de prise de décision".
Philippe Bolo, député membre de la commission des Affaires économiques a suivi de près l'expertise scientifique collective1 du CNRS et de l'INRAE sur les plastiques utilisés en agriculture et dans l'alimentation : "cela m'a apporté des informations nouvelles et actualisées, importantes pour nourrir les débats parlementaires, témoigne-t-il. Il y a des liens à renforcer entre sciences et société, tout le monde aurait à y gagner." En fonction des demandes Thomas Borel et Sara Bouleis peuvent aussi rediriger les acteurs de la décision vers d’autres relais internes de l’organisme, dont les représentants à l’échelle régionale, dans les 17 délégations du CNRS, et à l’échelle européenne, via le bureau du CNRS à Bruxelles.
Des analyses subtiles
La médiation opérée par le CNRS s’intègre dans un ensemble d’autres outils : auditions et rapports parlementaires, auxquels participent pleinement les scientifiques du CNRS, travaux de l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), co-contruction d’événements visant à réunir politiques et scientifiques, tel qu'une conférence en physique organisée au Sénat… "Les chercheurs sont pédagogues et leur analyse souvent plus subtile que ce que l'on peut trouver dans la presse. Je recommande toujours d'inviter des scientifiques du CNRS lors des auditions : la palette des disciplines est telle qu'il y a toujours un expert pertinent pour les sujets sur lesquels je suis amenée à travailler. Ils ont été très bénéfiques par exemple pour réaliser le rapport d'information sur l'industrie automobile française, publié en octobre 2025", témoigne Ambre d'Harcourt, administratrice à la commission des affaires économiques du Sénat, spécialisée sur les thématiques de l'urbanisme et du logement. Autant de pierres à l’édifice d’une science pleinement au service de la société.
- 1Expertise scientifique collective sur les plastiques utilisés dans l’agriculture et l’alimentation, réalisée par le CNRS et l'INRAE et restituée en mai 2025.
"À l’heure de la diffusion croissante de fake news, il faut casser des fausses croyances et mettre en avant le rôle d’organisations scientifiques comme le CNRS. Je suis terrifié par la manipulation de vidéos par intelligence artificielle qui font dire à certains chercheurs ce qu’ils n’ont jamais dit. Il faut aussi prendre le temps de la discussion, à l’opposé des punchlines médiatiques", témoigne Stéphane Piednoir, le Président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST).
Le CNRS encourage justement le dialogue : "nous préparons chacun à se comprendre : les scientifiques, formés au temps long de la recherche, et les politiques, contraints par le temps court de la décision, c’est une façon d’humaniser la science", résume Thomas Borel.