Pourquoi sommes-nous de plus en plus résistants aux antibiotiques ?

Santé

Mourrons-nous plus de la tuberculose en 2050 qu’en 1970 ? Résurgence d’infections que l’on pensait maîtrisées, prolongation des hospitalisations et impasses thérapeutiques, la résistance aux antibiotiques nous ramène en arrière. Retour en image sur les causes et les pistes de recherche face à cette menace de santé publique.

Infographie "pourquoi sommes nous de plus en plus résistants aux antibiotiques ?"
Cliquez sur l'image pour l'agrandir - © Nathalie Nourry / CNRS

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  • Les antibiotiques sont des médicaments qui tuent les bactéries ou bloquent leur multiplication en altérant leurs fonctions vitales et de reproduction. 
  • En pénétrant dans les bactéries, ils peuvent endommager leur ADN, perturber les mécanismes nécessaires à leur multiplication, ou encore fragiliser leur membrane, ce qui entraîne l’arrêt de leur croissance ou leur destruction.
  • Certaines bactéries peuvent développer des résistances naturelles, dues à des mutations génétiques spontanées et rares. Il leur est également possible d’acquérir une résistance, notamment par « conjugaison bactérienne » : un transfert de matériel génétique via des molécules d’ADN autonomes appelées plasmides, qui portent les gènes de résistance et, en circulant d’une bactérie à l’autre via des pores, disséminent cette résistance.
  • La résistance bactérienne a toujours existé, mais l’activité humaine a participé à l’intensifier. L’usage massif d’antibiotiques dans l’élevage, l’agriculture ou en clinique a contribué à créer des populations de bactéries de plus en plus résistantes.
  • Pour limiter cette menace, réduire l’usage des antibiotiques est primordial. Et les scientifiques développent de nouvelles solutions. L’une d’elles est la phagothérapie, qui repose sur l’utilisation de virus pour cibler et éliminer les bactéries. D’autres recherches explorent l’utilisation des mécanismes de transfert de plasmides entre bactéries comme vecteurs antibactériens.
     

Cette infographie a été réalisée avec l'aide de Sarah Bigot, chercheuse en microbiologie et en génétique moléculaire au CNRS.

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