RSE : « Transformer les pratiques pour une recherche dans de meilleures conditions de travail »
Un an après son adoption, le schéma directeur développement durable et responsabilité sociétale du CNRS a servi d’accélérateur à l’adoption de pratiques plus vertueuses. La référente nationale transition environnementale et la responsable du service responsabilité sociale de l’employeur reviennent sur leur implication pour la science et ses relations avec la société.
Il y a un an paraissait le schéma directeur développement durable & responsabilité sociétale (DD&RS). En quoi est-ce un jalon important pour la responsabilité sociétale de l’organisation ?
Blandine De Geyer
Je prendrai pour exemple les enjeux liés à l’adaptation des conditions de travail aux conséquences du changement climatique. Au-delà de l’atténuation des vagues de chaleur, la végétalisation des campus a des effets concrets sur la qualité de vie au travail des personnels.
Lucie Tacheau
Le schéma DD&RS a mis en lumière les connexions entre tous ces plans, de manière à leur donner du sens et les rendre lisibles. Il offre ainsi une vision holistique de la responsabilité sociétale de l’organisation et, en son sein, agrège bien d’autres acteurs que la DRH : la Mission pour la place des femmes, le médecin coordinateur national et la coordination nationale de prévention et de sécurité, les directions fonctionnelles, les instituts ou encore les délégations régionales.
Concrètement, comment le schéma associe-t-il transition environnementale et responsabilité sociétale ?
B. DG. : Dans les enjeux traités par le schéma directeur DD&RS, on peut citer l’adaptation au changement climatique qui amène à repenser l’organisation du travail. Par exemple l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur invite à repenser les rythmes de travail, l’organisation des espaces, la mise en place d’îlots de fraîcheur pour préserver les conditions d’accueil des agents.
La transition environnementale nécessite également le développement de nouvelles compétences. C’est évidemment un enjeu de ressources humaines, qui passe par de nouvelles formations et de nouveaux métiers, ainsi qu’une opportunité stratégique pour travailler autrement, en intelligence collective.
La RSE est souvent associée au secteur privé. Qu’en est-il du public ? pourquoi est-ce important pour le CNRS ?
B. DG. : Par ses expertises scientifiques collectives, ses études d’impact et la formation des hauts cadres de la fonction publique, le CNRS est un acteur clé de la transition environnementale auprès des acteurs politiques. C’est donc d’autant plus important pour le CNRS d’être cohérent, dans sa propre organisation interne, avec les messages et recommandations qu’il porte auprès des décisionnaires et de la société civile. Transformer les pratiques de recherche est également une opportunité de mener une meilleure recherche dans de meilleures conditions de travail.
L. T. : La RSE est aujourd’hui un enjeu clé d’attractivité et de fidélisation, que nul employeur public ne peut négliger. Le premier baromètre social du CNRS, restitué mi-mai 2026, fait partie des indicateurs RSE Avec, ce diagnostic a révélé la situation contrastée des près de 9 000 agents qui ont partagé leur ressenti : un niveau de bien-être et de stress élevé. Cette enquête, riche en enseignements, a permis d’identifier les sources de satisfaction comme les facteurs de risque pesant sur la qualité de vie au travail. Fort de ces constats, des groupes de travail vont être mis en place pour élaborer un plan d’actions. La qualité de vie et les conditions de travail n’est pas une démarche figée, mais un processus d’amélioration continue, au cœur des préoccupations du CNRS.
Enfin, le devoir d’exemplarité sur ce sujet est d’autant plus grand que le CNRS, par son activité, a un impact direct sur la société. C’est là sa raison d’être. Il nous faut donc maintenir la confiance que les citoyennes et citoyens nous accordent – ils sont une majorité comme l’a montré la dernière étude de notoriété fin 2025 – tant par nos missions que de la manière dont nous les menons.