Trois choses à savoir sur les muscles

Vivant

Les muscles peuvent représenter jusqu’à la moitié de notre masse corporelle et assurent des fonctions vitales comme la locomotion, la respiration et le maintien de la posture. Comment fonctionnent-ils exactement, et comment peut-on les stimuler efficacement ? Rémi Mounier, chercheur en physiologie au CNRS, nous en dit plus... et muscle notre cerveau !

1 - Un muscle est un organe dont la composition dépend de la fonction.

La plupart des muscles de notre corps sont composés de deux types de fibres musculaires : 

  • Les fibres glycolytiques, qui utilisent des ressources énergétiques accessibles rapidement : la phosphocréatine et le glucose. Elles ont des capacités de contraction rapides qui permettent de produire la puissance et la force. Ces dernières sont recrutées lors d’activités physiques dites explosives sur un temps court.
  • Les fibres oxydatives utilisent des ressources énergétiques utilisables à long terme (glucides, lipides) qui leur permettent une plus grande endurance mais moins de force.

Certaines fibres musculaires peuvent combiner les deux capacités à la fois. Chaque muscle est avant tout plastique et a la capacité de s’adapter selon les tâches demandées.

2 - Les muscles sont activés par des stimulations électriques venues du système nerveux central.

Le signal électrique voyage le long d’un nerf (le motoneurone) jusqu’à la jonction neuromusculaire, où il se transforme en signal chimique. À ce niveau, l’arrivée du signal provoque la libération de molécules chimiques messagères dans l’espace entre le nerf et le muscle. Ces molécules se fixent sur des récepteurs spécifiques du muscle, déclenchant alors un signal mécanique : le muscle se contracte.
Le signal électrique provenant du cerveau peut être conscient et volontaire comme lorsque nous serrons les doigts pour attraper un objet. Il peut aussi être involontaire et inconscient comme les contractions du diaphragme qui permettent de respirer, ou celles des muscles responsables du maintien de la posture ou du clignement des yeux. 
En absence de stimulation, le muscle s’atrophie. En cas de dénervation suite à une lésion ou à une pathologie, le fameux signal électrique est altéré : plus de signal chimique et donc plus de contraction mécanique. De là, le nombre de fibres musculaires diminue et une partie de ces dernières se transforment : nos fibres endurantes oxydatives se transforment en fibres rapides glycolytiques. 

3 - Pour prendre soin de ses muscles pas de secret : il faut lier activité et nutrition

En se contractant, les muscles produisent, comme tout organe, des molécules bénéfiques qui agissent sur l’ensemble du corps : cerveau, foie, reins…d’où l’importance de les stimuler régulièrement.
La première étape pour entretenir ses muscles est évidemment de privilégier un mode de vie actif, que nous pouvons adopter à travers différentes activités :

  • du sport : en club (ou association) sportif,
  • de l'exercice physique: randonnée, course, vélo en autonomie,
  • de l’activité physique : bricoler, prendre les escaliers au lieu de l'ascenseur, etc...

Tout mouvement est important !
A cela, s’ajoute l’importance de la nutrition : l’apport de protéines végétales ou animales est absolument crucial pour le maintien de la masse musculaire. Au cours de l’exercice physique, il est également important de se supplémenter en glucides pour permettre le bon fonctionnement des fibres endurantes.

Rémi Mounier est directeur de recherche à l’Institut NeuroMyoGène (INMG) à Lyon. Il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2018 pour ses travaux portant sur le rôle du métabolisme dans la régulation des cellules souches musculaires et la régénération du muscle strié squelettique. Son équipe de recherches s'intéresse notamment à des modèles physiologiques et pathologiques pour comprendre les mécanismes qui altèrent la régénération musculaire et pour identifier des cibles thérapeutiques potentielles.