Trois choses à savoir sur les séismes
Alors que le Venezuela fait face à un séisme de grande ampleur, le sismologue Cédric Twardzik, physicien-adjoint au sein de l’Observatoire de la Côte d’Azur et du laboratoire Geoazur, nous éclaire : que sait-on vraiment sur les séismes, leur prévision et quels sont les moyens de s’en protéger ?
1. Les séismes sont dus aux tensions existantes aux frontières des plaques tectoniques
La Terre est segmentée en plusieurs plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. Aux intersections de ces plaques, il existe des zones de friction qui vont bloquer le mouvement des plaques et vont alors progressivement accumuler des tensions. Lorsque les roches de cette zone ne peuvent plus supporter ces contraintes, l’énergie emmagasinée est libérée brutalement, provoquant un séisme. Les zones les plus exposées se situent donc principalement aux limites des plaques tectoniques.
Ces tensions peuvent être comparées à celles d’un élastique que l’on étire : plus il est tendu longtemps, plus l’énergie accumulée est importante et plus la rupture pourra être violente. De plus, notre élastique est relié à un réseau d’autres élastiques : si certains sont proches de la rupture, le séisme peut en déclencher d’autres à proximité, expliquant les répliques fréquentes après les grands séismes.
2. On ne peut pas encore prédire les séismes
L’étude des séismes repose sur le croisement des données historiques à l’echelle des temps géologiques et des mesures précises actuelles des mouvements de la surface de la Terre. Les séismes passés permettent d’identifier les zones potentiellement actives, tandis que les mesures sismologiques et GPS très précises renseignent sur la déformation et le mouvement des plaques tectoniques. Les régions identifiées à risque sont équipées de réseaux de surveillance (stations sismologiques et géodésiques, mesures sur fibre optique, images satellites) qui suivent l’activité en continu. Malgré ces outils, il n’est pas encore possible de prévoir précisément les séismes : on peut seulement estimer, à grande échelle, les zones et les périodes à risque, la prédiction restant le « Graal » de la sismologie.
3. Le danger ne vient pas du séisme mais des infrastructures
Si l’on ne sait pas encore prédire les séismes, il est en revanche possible de s’en protéger. Les sismologues résument souvent cela par l’expression : « Ce ne sont pas les séismes qui tuent, mais les bâtiments ». Dans un espace ouvert, un séisme présente peu voire pas de risque, tandis qu’en milieu urbain, le principal danger vient de l’effondrement des infrastructures. La vulnérabilité dépend donc largement des choix d’aménagement et de l’engagement des pouvoirs publics, eux-mêmes étroitement liés au niveau de développement du pays. Le Japon constitue à ce titre un exemple remarquable de politique d’urbanisme parasismique.
Cédric Twardzik est physicien-adjoint au sein de l’Observatoire de la Côte d’Azur et du laboratoire Geoazur. Ses travaux de recherche portent sur l’étude de la rupture sismique qui cherche à mieux comprendre comment les failles libèrent les contraintes qu’elles ont accumulées, et, plus largement, la manière dont un séisme démarre, se propage le long d’une faille et s’arrête. Pour cela, il utilise des observations sismologiques et géodésiques associées à des approches de modélisation pour déduire comment les failles glissent en profondeur.
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