Le CNRS et ses partenaires du G6 s’engagent pour la liberté académique
Les six principaux organismes de recherche européens, regroupés au sein du réseau G6 – CNR (Italie), CNRS (France), CSIC (Espagne), Helmholtz Association, Leibniz Association et Max Planck Society (Allemagne) – représentant 135 000 collaborateurs, ont publié une déclaration commune appelant à un renforcement du cadre européen de protection de la liberté académique.
A retenir pour agir
La liberté académique fait l’objet de pressions croissantes dans le monde.
Sa défense fait partie des priorités stratégiques en Europe.
Les principaux organismes de recherche européens, réunis dans le réseau du G6, appellent à un renforcement du cadre européen de protection de la liberté académique.
Parmi ses propositions, le G6 soutient l’inscription juridique claire et contraignante de la liberté académique comme valeur fondamentale de l’Union européenne.
Le G6 envisage également la création d’un « réseau refuge (safe haven) » européen pour l’accueil temporaire de chercheuses et chercheurs en danger.
Le 24 avril 2026, les membres du Conseil national des sciences, l’organe consultatif supervisant le principal organisme de financement de la recherche fondamentale aux États-Unis, étaient limogés sans explication. Une décision de la Maison Blanche interprétée comme une nouvelle attaque contre la liberté académique dans le pays.
De fait, la liberté académique est soumise à des pressions croissantes dans le monde. L’Academic Freedom Index, un indice développé par la Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg (FAU) et le V-Dem Institute, fait ainsi état d’un recul de la liberté académique dans 50 pays sur la période 2015-2025. Liberté d’enseignement et de recherche, liberté d’expression académique et culturelle, mais aussi autonomie institutionnelle – autrement dit, la capacité des universités et organismes de recherche à se gouverner eux-mêmes sans ingérence indue de l’État : tous les indicateurs font désormais état d’une détérioration.
Dans ce contexte, l’Europe se saisit progressivement de cette thématique, considérée comme « l’un de nos atouts pour attirer, former et retenir les talents » selon Antoine Petit, président-directeur général du CNRS. Inscrite dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne depuis 2000, la défense de la liberté académique est aujourd’hui au cœur d’un forum du Parlement européen créé en 2022. Le rapporteur du futur programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation (FP10), Christian Ehler, établit même un lien direct entre la protection de la liberté académique et la solidité du projet européen.
Accompagnant cette dynamique, les six principaux organismes de recherche européens1 , réunis dans le réseau du G6, en font également une priorité stratégique. Dans une note de positionnement rendue publique à l’occasion d’un événement institutionnel organisé à Bruxelles, le 12 mai 2026, le G6 appelle ainsi à un renforcement du cadre européen de protection de la liberté académique. Il souligne l’importance d’une inscription juridique claire et contraignante de la liberté académique comme valeur fondamentale de l’Union européenne, mais également un soutien accru à la recherche, dans un contexte où les budgets dédiés à la science s’amenuisent. Les membres du G6 ambitionnent également de renforcer leur action collective, notamment par la création d’un futur « réseau refuge (safe haven) » européen pour accueillir temporairement les chercheuses et chercheurs en danger. Une aspiration soulignée par Antoine Petit le 12 mai qui, reprenant les mots de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, argue que « la science en Europe n’a ni passeport, ni genre, ni origine ethnique, ni affiliation politique. »
Avec cette déclaration, le G6 réaffirme son engagement pour protéger la liberté académique, un pilier fondamental de l’Union européenne.
- 1Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR, Italie), Centre national de la recherche scientifique (CNRS, France), Consejo Superior de Investigaciones Cientificas (CSIC, Espagne), Helmholtz-Gemeinschaft, Leibniz-Gemeinschaft et Max-Planck-Gesellschaft (Allemagne).