Le CNRS lance une nouvelle zone de recherches en Polynésie française au service de la santé des écosystèmes
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Le CNRS a lancé, ce jeudi 29 janvier 2026, sa nouvelle zone atelier en Polynésie française nommée Z’API, en collaboration avec des partenaires locaux, nationaux et internationaux1 . Ce nouveau projet, inauguré à l’Université de la Polynésie française, à Faʻaʻā, vise à répondre aux principaux défis environnementaux et sociétaux du territoire.
- 1La Z’API s’appuie sur un réseau solide de partenariats qui incluent des laboratoires de recherche reconnus, des administrations locales, des associations et des acteurs du monde économique.
Avec ces 118 îles et atolls dispersés sur cinq millions de kilomètres carrés et cinq archipels, la Polynésie française fait face à de nombreux défis sociaux, politiques et écologiques associés à un territoire multi-insulaire et isolé qui rendent complexe la gestion de cette mer d’îles. L’acidification des océans, les pluies torrentielles ou encore la montée des eaux menacent directement la bonne santé des écosystèmes polynésiens, dont dépendent étroitement les populations locales. Les activités anthropiques sur ces îles s’accentuent avec une urbanisation mal maitrisée, une surexploitation des ressources, une artificialisation des milieux ou encore l’introduction d’espèces envahissantes. Ces différents éléments modifient grandement l’équilibre déjà fragile des socio-écosystèmes de la Polynésie française.
Portée par un consortium de scientifiques et de la société civile, cette nouvelle zone atelier du CNRS vise à co-concevoir une recherche capable de répondre aux principaux défis environnementaux et sociétaux de la Polynésie française. Grâce à une action inter et transdisciplinaire, elle se destine à accompagner sur le long terme la gestion durable des socio-écosystèmes insulaires coralliens de la Polynésie française.
Ses travaux s’articuleront autour de trois grandes thématiques : les mobilités et connectivités au sein du territoire polynésien, la vulnérabilité des socio-écosystèmes face aux contraintes environnementales et la durabilité des ressources naturelles marines et terrestres. Son objectif ? Co-construire des stratégies innovantes qui permettront aux communautés locales de s’adapter aux changements, tout en préservant leur patrimoine naturel et culturel.
Une approche collaborative
La Z’API va fédérer chercheurs et chercheuses polynésiens, hexagonaux et internationaux afin d’étudier, le long du continuum terre-mer, les socio-écosystèmes polynésiens.
En croisant les sciences du vivant, les sciences de l’environnement et les sciences humaines et sociales, elle prendra en compte les dimensions biologiques, écologiques, économiques, culturelles et politiques. Le projet s’appuiera sur un réseau de sites sélectionnés au sein des différents archipels pour leur spécificité écologique et socio-économique. Ces sites d’expérimentation permettront aux scientifiques de collaborer avec l’ensemble des parties prenantes pour observer, analyser et proposer des solutions adaptées.
La Z’API s’inscrit dans une volonté de capitaliser sur les dispositifs d’observation déjà existants, tout en les complétant par de nouveaux outils dédiés par exemple à l’étude des interactions entre les écosystèmes terrestres et marins.