Une enquête menée dans 153 pays relie effets de la LBGT-phobie et précarité économique

Sociétés

Les personnes LGBTQ+ ne sont pas traitées à égalité au sein des différentes sociétés humaines. Plusieurs facteurs concomitants peuvent être source de discrimination à leur encontre, à différentes échelles de la société, dégradant leurs conditions de vie. Dans une étude tout juste parue la revue Nature Human Behaviour, des chercheurs du CNRS1  et de l’ONUSIDA2  établissent une corrélation entre LGBT-phobies et situation socio-économique défavorable. Ils analysent pour cela comment les discriminations résultantes s’articulent aux niveaux institutionnel, communautaire3  et familial.

Cette étude s’appuie sur les résultats du Global LGBTQ+ Happiness Survey, une enquête internationale menée dans 153 pays et rassemblant des données collectées auprès de 82 354 participants. Conduite en partenariat avec l’ONUSIDA et la LGBT Foundation, elle caractérise les LGBT-phobies au sein des institutions, du cercle communautaire et du cercle familial. L’étude révèle notamment que le rejet familial est la forme la plus dommageable pour le bien-être des personnes concernées. Les auteurs montrent par ailleurs une corrélation entre rejet LGBT-phobie subi et situation socio-économique défavorable : plus une personne est précaire économiquement, plus le rejet qu’elle subit est important, et réciproquement. Cette corrélation est accentuée au sein des pays avec les inégalités économiques les plus fortes.

Ces résultats soulignent la nécessité de considérer les interactions entre ces différentes vulnérabilités dans l’élaboration des politiques publiques visant à lutter contre les discriminations à l’encontre des personnes LGBTQ+. Dans un contexte mondial où les politiques d’inclusion sont régulièrement questionnées, les LGBT-phobies font peser un risque non-négligeable sur le bien-être et la santé mentale des communautés concernées. Cette étude est le premier volet d’un programme de recherche dont les prochains travaux viseront à analyser les conséquences que peut avoir la dégradation de ce bien-être sur la capacité à faire face aux risques sociaux, tels que l’augmentation des pratiques sexuelles à risques et la propagation des maladies sexuellement transmissibles.
 

  • 1Du laboratoire Aix-Marseille Sciences économiques (CNRS/Aix-Marseille Université).
  • 2Programme commun des Nations unies sur le VIH.
  • 3 Désigne le cercle des proches rencontrés au quotidien hors du contexte familial (amis, voisins, collègues de travail, commerçants de proximité etc.).
Bibliographie

Homophobia, economic precarity and the well-being of sexual and gender diverse people in a 153-country survey. Erik Lamontagne, Vincent Leroy, Sean Howell, Sylvie Boyer, Bruno Ventelou. Nature Human Behavior, le 23 décembre 2025.
https://doi.org/10.1038/s41562-025-02361-9 
 

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Bruno Ventelou
Chercheur CNRS
CNRS - Service de Presse