Bien soignés et nourris, les manchots vivent plus longtemps, mais vieillissent plus vite
Placés dans un mode de vie sédentaire avec un accès quotidien et en abondance à la nourriture, les manchots royaux grandissent rapidement, mais vieillissent de manière accélérée, selon les résultats d’une équipe de recherche internationale co-pilotée par une chercheuse du CNRS1. Cette étude est à retrouver dans la revue Nature Communications à partir du 25 mars 2026.
Avec une longévité pouvant dépasser 40 ans, les manchots royaux constituent un modèle pertinent pour comprendre les mécanismes de vieillissement sur une échelle temporelle comparable à celle de l’homme.
Le groupe de recherche a reproduit la situation des sociétés occidentales en offrant à plusieurs manchots un environnement protégé et confortable, au Zoo de Zurich (Suisse) et au Loro Parque (Ténérife) et en a conclu qu’un manchot de 15 ans en zoo a le corps d’un manchot de 20 ans à l’état sauvage.
Résultat : la vie en zoo accélère le processus de vieillissement chez les manchots. A l’instar des humains, ces animaux vivent plus longtemps dans des environnements modernes dotés de systèmes de santé avancés. Cependant, cela ne se traduit pas nécessairement par une meilleure santé aux âges avancés.
Grâce à l’utilisation d’outils initialement développés pour l’être humain, l’équipe de recherche travaille désormais à proposer un mode de vie plus actif aux manchots en zoo : moins de nourriture et davantage d’exercices. Elle souhaite également sensibiliser le grand public à l’importance d’un mode de vie modéré dans un monde toujours plus abondant.
Note :
1 – Travaillant au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS/EPHE-PSL/IRD/Université de Montpellier) depuis janvier 2025, et auparavant à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS/Université de Strasbourg). Ce travail regroupe également des scientifiques originaires de Finlande, de Suisse, d’Espagne, de Monaco, d’Allemagne, de Norvège et d’Italie.
Lifestyle change accelerates epigenetic ageing in King penguins. Cristofari R., Davis L., Bardon G., Fernandes F., Figueroa M.E., Franzenburg S., Gauthier-Clerc M., Grande F., Heidrich R., Hukkanen M., Le Maho Y., Ollikainen M., Paciello E., Rampal P., Stenseth N.C., Trucchi E., Zahn S., *Le Bohec C. & *Meyer B.S. Nature Communications, Mars 2026.
DOI : https://doi.org/10.1038/s41467-026-70527-8