Yakoutie : l’histoire d’un peuple autochtone face à l’expérience coloniale
Au nord-est de la Sibérie, plusieurs siècles d’expansion impériale russe, initiée par les Cosaques, ont légèrement modifié la biologie des populations autochtones de Yakoutie. Les analyses génétiques et microbiennes de 122 individus inhumés entre le XIVe et le XIXe siècle révèlent une stabilité remarquable malgré les bouleversements culturels, sanitaires et alimentaires. C'est ce que démontre une étude internationale coordonnée par des scientifiques de l’Université de Toulouse et du CNRS au sein du Centre d'anthropobiologie et de génomique de Toulouse (CAGT), parue dans Nature le 7 janvier. Ces résultats, obtenus grâce à l’exceptionnelle préservation des sujets dans le pergélisol sibérien, éclairent d'un jour nouveau l'histoire d’un peuple autochtone d’une région marquée par l’un des climats les plus extrêmes de la planète.
An ancient DNA perspective on the Russian Conquest of Yakutia.
Éric Crubézy, Perle Guarino-Vignon, Andaine Seguin-Orlando, Clio Der Sarkissian, Kristian Hanghøj, Sylvie Duchesne, Patrice Gérard, Catherine Thèves, Ameline Alcouffe, Liubomira Romanova, Daryia Nikolaeva, Lilia Alekseeva, Christiane Hochstrasser-Petit, Vincent Zvénigorosky, Christine Keyser, Bertrand Ludes, Michel Petit, Henri Dabernat, Annie Géraut, Edouard Jyrkov, Arkadiy Sharaborin, Nikolai Kirianov, Natalia Tsydenova, Irina Dambueva, Boris Bazarof, Anne Boland, Jean-François Deleuze, Rosalia Bravina, Anatoly Alexeev, Étienne Patin, Charles Stépanoff, Lluis Quintana-Murci, Ludovic Orlando. Nature, 7 January 2026.
DOI : https://www.nature.com/articles/s41586-025-09856-5